La plupart des décideurs se plaignent que la génération Y ne serait pas fidèle à l’entreprise.

Cette génération a été élevée dans un contexte de peur du chômage, de licenciements cyniques par des managers cherchant à augmenter le profit par les coûts plutôt que par les revenus. Lorsqu’on a vu et entendu sans cesse que l’entreprise n’était pas fidèle, comment développer une notion de fidélité inversée ?

Il est devenu commun d’indiquer que les métiers de demain ne sont pas encore connus, que une personne changera plus de dix fois d’entreprise dans sa carrière, etc…

Et si le modèle du travail de demain n’était plus blanc ou noir ? Et si les gens pouvaient avoir un job en CDI et des revenus de complément ? Amazon a annoncé tester les semaines de 3 jours pour voir si les gens seraient vraiment moins  productif. Libérant ainsi deux jours pour faire d’autre choses…. Mary Meeker dans son Keynote de 2015 indiquait que les plateformes collaboratives (AirBNB, TaskRabbit, etc…) pouvaient accroitre de 40% les revenus moyens des américains.

Chacun sait que monde de l’emploi en CDI est à bout de souffle car fondé sur la loyauté réciproque mais aussi une forme de subordination, d’emprisonnement réciproque. Si les entreprises sont plus libres et les talents aussi, combien de valeur ajoutée en plus peut se dégager ?

Tout le malaise face à des constats pourtant évidents vient du fait qu’il semble insupportable qu’une société développée fragilise les plus faibles. Qu’on puisse avoir des employés « kleenex » qu’on utilise et paie pour une tâche, sans engagement et protection sur le long terme.

Mais la première réalité est que les entreprises ne sont pas méchantes et les entrepreneurs ne sont pas là pour faire du mal au gens, mais pour faire du bien à leur clients et ainsi à leur profits. Si il existe un moyen de proposer et de vendre un service de qualité et de donner ainsi du travail aux gens simplement et facilement, les entreprises seront au rendez vous. Si la création de ce service est compliquée, coûteuse et risquée, les entreprises n’iront pas et il restera uniquement les sites de petites annonces. Et donc le travail au noir.

La seconde réalité est que la différence entre ce qu’un consommateur  paie pour un service et ce qui revient réellement au talent qui le rends est devenue insoutenable dans le modèle du CDI. Sur 100 € de services facturés pour le travail d’un talent, l’Etat en prends 60, l’entreprise 8 et la personne 32. Si l’entreprise se transforme en association a but non lucratif, l’Etat en prends 60 et le talent 40.

L’Etat français, bien conscient de cet enjeu et souhaitant développer les services aux particuliers, à créé pour cela le statut d’auto-entrepreneur. Dans ce statut, sur 100€ facturés pour le travail d’un talent, ce talent en prends 80 et l’Etat 20 (parfois 5). Cette approche intelligente libère énormément de valeur ajoutée et fait en sorte que le travail libre devient intéressant. Le fait que ce  statut soit limité en volume annuel par personne ne fait qu’encourager le modèle hybride fait d’un panaché de revenus de salaires fixe et de revenus libres issus du service à la demande.

Ce nouveau modèle du travail et donc de revenus pour les gens fusionnant emploi fixe et service flexible ne peut fonctionner que si il est massifié. Que si les gens peuvent gagner au moins 500€ par mois de plus, c’est à dire exécuter beaucoup de missions. Pour cela il est nécessaire d’avoir des plateformes qui d’une part proposent et vendent des services à la demande, et d’autres part distribuent ces missions en masse à des millions de gens, mettant en place des modes de rémunération simples et transparents.

La perspective est phénoménale, sociétale. Le digital a d’abord changé la vie des gens en leur apportant des services digitaux, d’information. Maintenant les plateformes digitales peuvent non seulement autoriser la création de nouveaux services dans la vie réelle, mais dans le même mouvement apporter des revenus complémentaires à des millions de talents qui en ont besoin.

La technologie est là, le cadre règlementaire est là, les besoins sont là. Tous les ingrédients pour la naissance d’une nouvelle industrie fondée sur une nouvelle vision du travail sont réunis. Il n’y a plus qu’à faire.

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