De nombreux textes, livres, tribunes ont déjà été écrit sur le vaste sujet de la précarité ou du dumping social, corrolaire négatif supposé de l’économie collaborative ou… « Ubérisation ».

De très nombreuses autres instances d’information et d’échanges ont été également le terrain propice à la prolifération de points de vue pessimistes : de la prise de parole politique ou syndicale aux discussions de la vraie vie, celles des comptoirs, celles des réseaux sociaux.

Il est en effet bien souvent fédérateur, voire valorisant ou à défaut « occupant » de dénigrer ou de se plaindre, vilipender et French basher et ce pourquoi pas autour d’un fashion cocktail dans le  11ème.

L’ubérisation ou plus largement l’économie collaborative, dès lors qu’elle profite également aux entreprises, c’est à dire lorsqu’elle ne se limite pas à une communauté de gens sympas qui se troquent des objets faits à la main ou usés, est un des sujets préférés des grincheux conservateurs.

Nul ne peut ignorer que ces mêmes personnes n’ont pas été particulièrement prolixes pour proposer des solutions tant sociales qu’économiques, non pas pour freiner ou éradiquer cette tendance inarrêtable, mais pour l’accompagner de manière constructive, juste pour tous et pérenne.

Il ne faudrait pas en revanche que le bruit fait par les détracteurs de l’économie collaborative nous agace au point que nous oubliions les dérives potentiellement négatives de ce nouveau paradigme économique et social. Des solutions sont en effet à trouver.

Les risques d’inégalité et d’insécurité existent, notamment sous deux angles bien différents.

  • La régulation et l’intervention systématisées de l’état pour soutenir certaines professions ou pour en contraindre d’autres font des dégâts, parce que l’état, bien occupé par ailleurs, n’aura probablement pas toujours à temps la vision juste de ce qui est … juste, économiquement ou socialement, lors du développement soudain de nouveaux phénomènes. Par ailleurs, quand bien même il serait pertinent pour agir sur tout et partout, il n’en n’aurait pas la vélocité et arriverait souvent trop tard. Ainsi, à force de vouloir bien faire, l’état pourrait lui-même être une des causes des disparités et des inégalités ressenties par les professions contraintes qui se trouvent face au mouvement enthousiaste de l’entrepreneuriat individuel. Pour autant, la solution qui consisterait à réduire les inégalités en contraignant partout de la même manière serait sans nul doute le nivellement par le bas le plus redoutable et dont les impacts négatifs seraient assurément à craindre au niveau économique.
  • Etre auto-entrepreneur aujourd’hui, c’est déjà avoir eu le courage et la détermination (ou l’obligation..) de franchir les innombrables barrières administratives fastidieuses qui démarrent dès le formulaire d’inscription sur le site- multi-buggé, de l’URSSAF et dont on ne sait finalement si 5% du million d’autoentrepreneurs inscrits à date l’a franchement compris. Puis il y a les chambres des métiers, le SPI obligatoire pour les professions artisanales dont la pertinence est douteuse, les taux différenciés à appliquer pour les contributions sociales Mais c’est être dans une situation de précarité. Qui prête de l’argent aux autoentrepreneurs ? Qui leur concède un appartement en location ? Qui leur fait bénéficier d’avantages sociaux renforcés (ou juste compréhensibles) ? A quels avantages ont-ils droit ? Doivent-ils se contenter de leur liberté ? Après tout c’est vrai, ils ont voulu la liberté, qu’ils en payent les conséquences ?! Et surtout n’en retirent que peu de revenus, ceux-ci étant encore une fois contraints et plafonnés.

Priorisons notre temps et nos ressources sur la libération des énergies entrepreneuriales et concentrons-nous sur la protection de tous ces citoyens, y compris ceux qui ont le courage d’entreprendre. Le fait d’avoir créé ce régime est formidable, allons plus loin !

Les acteurs de l’économie collaborative, parmi lesquels nous figurons, ont le devoir de construire, renforcer, contribuer à sécuriser cette manne d’énergie que sont les travailleurs individuels.

Ils pourraient également se proposer de venir en aide à l’état (chacun son travail après tout)…. Nous sommes en effet nombreux à rêver secrètement que l’état nous confie ses outils digitaux pour dénouer la congestion et libérer l’expérience utilisateur 😉

Si par ailleurs le débat se situe autour des très faibles revenus faits par les autoentrepreneurs sur les plateformes de services à la demande… là, je ne suis pas d’accord. Ceci n’est pas une faiblesse du système, ou de l’état, ni de l’exploitation capitaliste odieuse de la part des plateformes ni enfin, pour utiliser le vocable apprécié des critiques, du dumping social.

Gagner 15 euros sur une plateforme de service à la demande, puis in fine quelques centaines par mois, c’est :

  • Gagner plus que … rien.
  • Se remettre à travailler
  • Faire un premier pas vers l’activité professionnelle quotidienne
  • C’est reprendre confiance en soi
  • C’est se sentir utile et intégré économiquement
  • C’est avoir rendu un service utile se faisant
  • C’est avoir un truc de plus à raconter
  • C’est prouver son courage à ses enfants, à ses parents..
  • C’est franchir une première marche bien moins impressionnante que le premier jour d’un CDI (et avoir beaucoup plus de chance de se le voir proposer)
  • C’est se donner la chance de valoriser une multitude de savoir-faire peu qualifiés mais qui peuvent rapporter de l’argent et que peu d’entreprises sont prêtes à valoriser dans le cadre d’un emploi classique.

Pourquoi ne pas demander aux intéressés plutôt que de supputer et spéculer ?

Qu’en pensent les milliers de jeunes en qui personne ne voulaient croire et qui ont appris un métier, gagnent aujourd’hui de l’argent, ont retrouvé estime de soi et confiance, ainsi qu’un rôle économique dont ils sont fiers ?

Accompagnons ce mouvement puissant, aidons-le à se massifier en valorisant et en sécurisant le régime autoentrepreneur plutôt que de cumuler contraintes, régulations inversés, médisance et peurs.

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